PAROLE DE CHASSEUR

 

Chers amis chasseurs, comme je l’ai fait déjà dans mes chroniques consacrées au droit de la famille, j’ai décidé de vous donner la parole.

 

Notre passion est menacée par des normes administratives discriminatoires qui s’appliquent dans certains départements et pas dans d’autres.

 

Je fais naturellement référence au fameux fichier FINIADA prévu  par l’article L 2336-6 du Code de la défense qui permet de vous empêcher non seulement de détenir une arme mais également et surtout de valider votre permis de chasser au motif, parfois légitime, que votre casier judiciaire comporte une condamnation pour des faits graves mais également et, c’est ce qui est le plus inadmissible parce que l’enquête administrative prévue par le texte a révélée qu’il y a 5, 10, 15 ou 20 ans, vous avez été mis en cause dans une affaire de violence, troubles de voisinages, dispute après bal dans un village etc… sans pour autant avoir fait l’objet d’une condamnation.

 

Nous avons à traiter ce genre de dossier au Cabinet et, je puis vous assurer qu’il est très difficile de faire revenir l’administration sur ses décisions.

 

Et pourquoi ne pas suggérer à Monsieur le Ministre de l’intérieur d’étendre ses dispositions coercitives à l’ensemble du pays et, en particulier à la Corse.

 

Je serais curieux d’observer la réaction de nos amis chasseurs insulaires si on les empêche de s’adonner à leur passion pour le sanglier… !

 

Il m’étonnerait beaucoup que la place Beauvau se montre téméraire.

 

Aussi face à ces attaques ciblées contre la chasse, notre comportement doit être encore plus exemplaire.

 

Fini les opérations commando dans les montagnes.

 

Nous devons respecter la règle du partage agro sylvo cynégétique en nous rappelant que la nature appartient à tous ceux qui en usent sans en abuser et qui surtout, la respectent.

 

Les chasseurs sont un exemple.

 

OoOoOoOoOoOoOoOoO

Voici donc un premier article écrit par notre excellent ami Arnaud PEYREPERTUSE dans son style à nul autre pareil et publié dans la revue tenue à bout de bras par notre ami Robert GITAREU : « Le sanglier catalan ».

 

LA CHASSE EN BATTUE, LA REMISE EN QUESTION ?…

 

Au lieu de tenter vainement de convaincre leurs détracteurs et de s’escrimer à démontrer la mau­vaise foi de leurs arguments, les chasseurs en battue feraient mieux de s’interroger sur l’image que leur pratique offre du monde de la chasse.

La Nature n’appartient à personne

Même s’il nous semble évident de n’avoir pas à nous cacher d’être Chasseur, force est de recon­naître que nous ne sommes pas les utilisateurs uniques et privilégiés des espaces naturels, et que nous devons accepter de les partager avec d’autres naturalistes, tout aussi passionnés.

En aucun cas, nous ne devons tomber dans le tra­vers d’une occupation arbitraire du terrain qui ap­paraîtrait aux yeux des autres usagers comme une « confiscation » des espaces à notre seul avantage.

Contrairement à ce que peuvent penser certains ayatollahs du landernau cynégétique, on ne naît pas  « anti-chasse », mais on le devient, souvent à l’issu de confrontations avec quelques extrémistes qui prétendent interdire aux autres le terrain de leurs exploits, au prétexte d’un simple panneau « Attention Battue » … et c’est pour éviter ce type de dérapage que nous devons nous interroger sur la manière dont ce mode de chasse est perçu.

L’Argument sécuritaire.

Même si les statistiques d’accidents sont minimes eu égard au nombre de chasseurs et de jours de pratique, surtout si on a l’audace de les comparer avec celles de sports plus « sociaux », il n’en reste pas moins que chaque saison voit son lot de tra­gédies à la une des journaux. Quand bien même, n’en aurait-il qu’une, ce serait une de trop ; mais de là à faire croire que les chasseurs font cou­rir un risque mortel à tout un chacun, et qu’on ne doit qu’à la chance de survivre à une cueillette de champignons en automne, il y a un abus de mauvaise foi qui prête à sourire… Il y a malheureusement infiniment plus de chance d’être blessé sur la route, ou même à la maison lors d’un accident domestique ! Que dire alors de ce chas­seur « chevronné » qui étale dans les journaux sa crainte d’une balle perdue au seul bénéfice d’un retour rêvé à la honteuse chevrotine… qu’il reste au foyer, car il y a peu de différence à périr de l’une ou l’autre façon.

Soyons sérieux un instant et ne prêtons pas à l’outil des vertus qu’il ne possède pas. C’est le chasseur qui tire, c’est le chasseur qui tue, c’est donc à lui d’identifier clairement sa cible, c’est encore à lui de respecter les règles élémentaires de sécurité, et c’est toujours à lui qu’incombe la responsabilité de l’action de chasse.

On peut tout reprocher à la battue, mais pas les règles qui régissent son déroulement. Que les postes soient intelligemment répartis et convenablement marqués, que chacun respecte le règlement rap­pelé par le Président ou le Chef de battue avant la traque, et que tous se plient à l’obligation d’iden­tification avant le tir, et nous aurons fait un grand pas.

La Réalité sur le Terrain.

Même si cela ne doit pas plaire à tous, il nous faut insister sur l’image, souvent mauvaise et fausse, que peuvent donner les concentrations de chasseurs sur un même territoire. Dans notre société, le groupe fait peur, et ce d’autant plus qu’il est méconnu. Il faut donc restaurer cette image auprès du public. D’abord en gommant toute forme d’agressivité comportementale, verbale ou visuelle, ensuite en acceptant le partage du terri­toire, même si celui-ci est correctement marqué, enfin en rencontrant et en avisant les autres usa­gers. C’est une refondation du mode de pensée qui règne au sein des battues ; de nouvelles règles sociales sont en train de se mettre en place et il va falloir s’y plier ou disparaître. Lorsque l’on sait que certaines équipes, fortes de leur majorité de postés, en arrivent à interdire l’accès du terrain aux chasseurs de petit gibier, on n’ose imaginer leur réaction vis-à-vis d’un groupe de cavaliers en randonnée ou de quelques champignonneurs. La frustration engendrée par cette confiscation abusive de l’espace, se traduit par un ressenti­ment anti-chasse qui touche toutes les formes de cette activité.

Et il ne me semble pas raisonnable de voir l’en­semble des chasseurs mis dans le même sac que ces butors qui n’ont en commun avec notre pas­sion que le « carnier »

Quel Avenir ?

Si la majorité des accidents de chasse se produisent lors de battues, on ne doit pas conclure trop vite que c’est ce mode de chasse qui est dangereux ; en effet, c’est parce qu’il rassemble beaucoup de participants et que ses adeptes sont les plus nombreux, que logiquement le risque est statisti­quement le plus élevé.

Toutefois, chez nous, là où le bât blesse, c’est sur l’obligation d’user de la battue, et uniquement de ce mode pour chasser le sanglier. Tous les argu­ments développés par les tenants de cette servitude s’effondrent lorsque l’on considère que dans beaucoup d’autres régions cynégétiques, la battue n’est pas imposée par arrêté préfectoral. Les chas­seurs de sanglier, si prompts à faire valoir leur libre droit, à choisir, devront à plus ou moins longue échéance reconsidérer leur position et admettre que l’approche et l’affût peuvent être pratiqués sans porter préjudice à leurs rassemblements.

 

S’il n’est jamais agréable de remettre en cause ses convictions, il est du devoir de tous les chasseurs responsables de s’interroger sur le devenir de leur passion, de sa place dans une société ouverte aux loisirs, de son image vis-à-vis des autres, en un mot de sa pérennité.

 

A bon entendeur, salut !

 

 

 

Suivez son exemple et n’hésitez pas à vous exprimer.

 

 

 

 

 

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