Dans le cadre de mes expériences d'avocat, spécialiste du divorce, j'évoque, dans cette chronique une décision qui vient d’exclure un père de la vie de son enfant.

TOUS COUPABLES (4)

L’année a mal commencé : mais avait-elle bien terminé ?

Une décision vient d’exclure un père de la vie de son enfant.

Les faits : une séparation qui se passe mal et un enfant otage qui devient le jouet d’une mère possessive et revancharde.

Malheureusement cet enfant est malade et, la mère n’aura de cesse que d’essayer de démontrer que la maladie en question est amplifiée par le père…qui paraît-il ne s’en occupe pas.

La bataille fait rage et, nous ployons sous une masse de certificats médicaux pour la plupart déférés à la censure du Conseil de l’Ordre des médecins qui tance sérieusement les praticiens, considérant qu’ils ont dépassé les limites de leur art.

Comble de l’ironie : le père est remarié à une jeune femme médecin dont il a un enfant, qui voue sa vie à sauver celle des autres.

Une première décision rejette la demande de la mère qui ne désarme pas.

Elle se fait elle-même justice et bloque toute relation entre le père et son enfant.

Les plaintes n’aboutissent pas et la situation s’enkyste.

La mère ressaisit la justice qui va rendre une décision extraordinaire.

L’on reconnaît qu’il n’est pas possible de porter une appréciation quelconque sur les qualités objectives du père.

L’on se fonde sur le fagot de certificats médicaux, sur la validité et la pertinence desquels il y aurait un roman à écrire.

L’on valide 5 mois de non représentation d’enfant et l’on suspend le droit de visite et d’hébergement du père au motif que l’enfant irait mieux depuis qu’il ne le voit pas.

Voici une partie de la décision :

« Au vu de tous ces éléments, sans qu’il soit possible de porter une quelconque appréciation sur les qualités objectives du père, il convient en l’état de l’amélioration de la santé de l’enfant, semble-t-il en relation avec l’arrêt des relations avec le père, de suspendre le droit de visite et d’hébergement du père dans l’intérêt de l’enfant et malgré l’absence de reproches objectifs pouvant être faits à ce père de famille qui démontre par les pièces qu’il produit aux débats qu’il apporte à son enfant l’attention et l’amour qu’il affirme dans ses écritures ».

Je ne commenterai pas, la chose étant interdite par la Loi.

Je m’autorise cependant à retranscrire la lettre que ce père exemplaire vient de m’envoyer :

« A tous, après 5 années de longue et douloureuse procédure, la justice se fait donc complice du sacrifice de mon fils sur l’autel de la haine de sa mère.

Je reste consterné par la décision qui vient d’être rendue.

Des allégations de médecins, qui ne connaissent pas objectivement l’enfant, manipulés par une mère en guerre, font des certificats aux effets destructeurs.

La mère a voulu détruire la relation que j’avais avec mon fils.

Elle a réussi.

Je suis désolé pour mon fils qui devra essayer de se construire sans son père.

A compter d’aujourd’hui, je ne participerai plus à aucune démarche en justice ou autre pour faire valoir ce qui devrait être un droit.

Je ne serai plus le spectateur ni la caution d’une pitoyable justice qui reconnaît l’attention et l’amour d’un père et qui lui retire le droit de voir son fils.

Une société sans père est une société sans repaire ».

A-t-on vraiment pris la mesure de tout ce que cette décision va entraîner pour l’enfant.

Me Franck MEJEAN