IMPOT OU CHASSE : UNE VERITE QUI DERANGE

L’équilibre agro-sylvo-cynégétique [1], locution couramment employée durant la plupart des réunions concernant de près ou de loin la chasse, serait-elle en voie de disparition ?

Que signifie-t-elle ?

Il s’agit tout simplement, du moins en apparence, du partage de la nature entre le monde agricole, le public, celui de la forêt (sylvo), en général ouverte à tous et le monde de la chasse ou des chasseurs.

C’est en réalité la capacité pour le milieu de se pérenniser donc de se régénérer avec un impact du gibier qui n’entrave pas ce renouvellement donc une densité « d’équilibre ».

En clair, chacun doit rester à sa place et personne ne doit vouloir s’arroger le droit d’exclure les autres à son profit.

Tout se passerait pour le mieux si, depuis quelques années, nous n’avions vu arriver une catégorie très particulière d’électrons libres s’autoproclamant écologistes, qui n’hésitent pas à employer la menace et la violence, comme ces irresponsables qui ont endommagé récemment les miradors que les chasseurs de nos hauts cantons avaient installés avec beaucoup de discernement et de discrétion au fin fond de nos forêts.

N’oubliez pas qu’il a fallu une loi pour que la vènerie puisse continuer à exister, sans être perpétuellement agressée par de pseudo-défenseurs de la nature courageux au point de se parer le visage de cagoules.

Mais qu’est donc l’écologie ?

Du grec « oîkos » (maison, habitat) et « logos » (science), elle ne doit pas être confondue avec les écologistes, qui sont en principe des chercheurs scientifiques en écologie qui, normalement, devraient être des défenseurs de la nature et de l’environnement.

Par extension, elle est devenue un rapport triangulaire entre les individus d’une espèce, l’activité organisée de cette espèce et l’environnement de cette activité.

Il faut donc admettre que cette science est portée par les écologistes, largement représentés en France au sein de groupuscules de différentes tendances, allant du vert profond au vert très pâle, teinté la plupart du temps de rose.

Car d’une science de la vie, l’écologie est passée à la politique, en oubliant ses sources et en attaquant ce qui, à ses yeux, représente le symbole du pouvoir et du capitalisme, la chasse.

Le drame de cette histoire est que l’écologie est largement représentée dans les médias, qui lui apportent un soutien logistique sans faille, alors que la chasse ne sait pas communiquer ou le fait très mal, sans expliquer clairement ce qu’elle représente réellement.

Je ne reviendrai pas sur le couplet habituel de la chasse à l’origine de l’homme comme moyen de subsistance, mais retiendrai simplement qu’elle s’inscrivait déjà, à l’aube de l’humanité,  comme une nécessité vitale à la survie de l’espèce dominante que nous représentons parfois avec outrance.

Et pourtant si l’on veut bien réfléchir, force sera de constater que la chasse demeure de nos jours plus qu’une activité ludique, telle que décrite par nos amis verts, mais une nécessité absolue à la survie, déjà bien compliquée, du monde agricole.

Prenons le sujet chasse de façon frontale et essayons de le disséquer sans la moindre concession, en divisant la démonstration en deux :

Une France avec chasseurs, celle dans laquelle nous vivons et une France sans chasseurs, celle que prône les écologistes.

 

OoO

 

1 –  Une France avec chasseurs :

C’est ce que nous vivons actuellement.

Il faut savoir que le monde de la chasse vieillit d’année en année et que le nombre de chasseurs diminue.

Or, les chasseurs sont responsables, au terme de la loi, des dégâts provoqués par le gibier, soit au travers des Fédérations Départementales de Chasseurs pour les animaux soumis à plan de chasse (isards, chamois, chevreuils, cerfs, mouflons, daims) et ceux qui ne le sont pas (comme le sanglier évidemment), soit au travers des Associations Communales de Chasse Agréées, pour le petit gibier, tel que le lapin.

Tous ces points peuvent vous paraître anodins, mais sachez qu’une ACCA locale a été condamnée récemment par la Cour d’Appel de MONTPELLIER à près de 140 000 € de réparations de dommages provoqués par les lapins dans une vigne, ACCA qui se trouve à l’heure actuelle dans l’incapacité absolue de payer, car son budget annuel est de l’ordre de 5 000 €.

Il faut en vendre des bouteilles de vin pour gagner une telle somme !!!

L’ACCA est en train de tenter de négocier, mais si elle n’y arrive pas, il ne lui restera plus qu’à déposer son bilan.

La conséquence sera simple : il n’y aura plus de chasseurs et sur son territoire, les lapins vont prospérer, pour ne pas dire se multiplier de façon incontrôlable et provoqueront des dégâts que plus personne n’indemnisera, sauf si l’agriculteur a souscrit des assurances qui lui coûteront naturellement une véritable fortune.

La Fédération Départementale des Chasseurs des Pyrénées-Orientales arrive, pour l’instant, à équilibrer son budget face aux dégâts essentiellement provoqués par les sangliers, mais pour combien de temps ?

Elle se trouvera confrontée, dans un avenir plus ou moins proche face au dilemme suivant : soit augmenter le timbre du grand gibier et perdre des chasseurs qui ne pourront plus payer,   soit se trouver en situation d’impossibilité d’assumer le remboursement des dégâts, comme cela arrive dans certaines fédérations, comme celles du VAR.

Aussi, les conseillers n’étant pas les payeurs, nos amis écologistes se gardent bien d’évoquer le problème en mettant en avant la notion de bien-être animal qui, à leurs yeux, semble passer avant le bien-être agricole.

La chasse représente en France un chiffre d’affaires très important.

Elle fait vivre des milliers de fonctionnaires et de salariés, répartis au sein des fédérations, des armureries, de l’administration, etc.

Elle génère une fiscalité importante puisque pour chasser il faut payer des droits, pour ne pas dire des octrois, comme au Moyen-Age, à l’Etat, qui augmentent d’année en année.

Elle est cependant pilonnée de toute part par les organisations auto-proclamées écologiques qui ont un don certain pour faire pleurer dans les chaumières en abusant d’un anthropomorphisme débridé, tels ces ours que l’on baptise : Cannelle, Melba, etc…, tel ce lion tué en Afrique, prénommé Cecil.

Et pourquoi pas Bambi pour les cerfs, Pan pan pour les lapins, etc ? (copyright walt disney)

La France pleure, mais les français ne veulent pas payer.

Or, voici le monde idyllique que nous préparent nos écologistes.

 

2) Une France sans chasseurs :

Avec la complicité de journalistes encartés et des chaînes de télévision complaisantes, la chasse est en France la cible d’attaques incessantes, orientées, pour ne pas dire malhonnêtes.

Et malheureusement la chasse ne sait pas communiquer ou le fait très mal.

Qui n’a pas vu, dans nos campagnes ou dans nos villes, fleurir ces affichages consternant de bonne volonté annonçant que les chasseurs entretiennent la nature et garnissent les jardinières de pétunias… !
Affligeant de naïveté.

Tout ceci est vrai mais n’a pas un impact suffisant face à des émissions de télévision montrant la fin d’un grand cervidé entouré de chiens qui le tiennent en respect en attendant qu’un chasseur vienne l’occire d’un coup de dague.

Voilà une image qui marque la conscience et reste gravée dans l’inconscient populaire, assimilant la chasse à l’assassinat du papa de Bambi.

Et pourtant les chasseurs ne manquent pas d’arguments pertinents pour défendre leur passion, arguments que j’ai expérimentés à l’occasion de conférences auxquelles l’on m’avait demandé de participer.

Dans la 1ère partie, je vous ai clairement expliqué que chasser était une nécessité pour préserver l’équilibre des cultures et que les chasseurs, qui accomplissaient une mission essentielle, le faisaient à leurs propres frais.

Imaginons ce qui se passerait si nos opposants verts finissaient par atteindre leur objectif, à savoir une France sans chasse.

Le gibier, grand ou petit, se moque bien des querelles byzantines qui opposent les pros aux anti-chasse.

Ce qui est certain, c’est qu’il se nourrit, se reproduit, dispose d’un temps de vie déterminé.

Un exemple : une population de sangliers se reproduit de 100 % chaque année.

Soit une forêt peuplée de 20 sangliers, elle en accueillera 40 l’année d’après puis 80, puis 160, etc.

Il arrivera donc un moment où la pression du gibier deviendra insupportable et, pour se nourrir, les champs de blé, de mais, de colza, les vignes ne suffiront plus.

Dans les forêts peuplées de cervidés, les arbres élevés pour construire des chalets ou des meubles seront rapidement et gravement endommagés par les cervidés qui les écorceront pour se nourrir et les frotteront, au moment du rut, provoquant leur mort, le tout pour marquer leur territoire.

Qui va payer ?

VOUS.

En effet, il faudra bien indemniser.

Mais cela ne sera pas suffisant.

En laissant la population de lapins dévaster les champs de salade et les vignes, le grand gibier les forêts et les cultures, vous arriverez à pousser les victimes de ces dégâts à bout.

Par voie de conséquence, vous paierez plus d’impôts pour indemniser, mais il faudra se résoudre à faire baisser les populations d’animaux.

Le canton de Genève en Suisse, où la chasse est interdite, est-il un exemple à suivre ? Si la France limitait, notre gouvernement serait obligé d’engager de nombreux fonctionnaires rattachés, soit à l’O.N.F. (Office National des Forêts) ou l’O.N.C.F.S. (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage), administrations en très grandes difficultés financières dont la mission, comme en Suisse, sera d’éliminer le gibier dans des conditions abominables, la nuit, aux phares, à l’arme automatique, blessant plus d’animaux qu’il ne s’en tue.

http://www.syndicatdelachasse.com/actu09/dec/geneve-reve-chasseur.htm
http://www.chassegeneve.ch/actualites-genevoise/etat-des-lieux-40-ans-sans-chasse/

 

Est-ce cela l’écologie ?

Notre célèbre actrice, icone des animaux, par ses prises de position anti-chasse, a-t-elle réfléchi à cet aspect du problème ou a-t-elle prévu d’acheter l’ensemble de la presqu’île  de St Tropez pour y loger le gibier qui s’accroitra de façon exponentielle ?

Trêve de plaisanterie !

La chasse est une activité payante, d’utilité publique, qui rapporte beaucoup d’argent à l’Etat en permettant de maintenir un équilibre naturel sans lequel notre agriculture est vouée à la dégradation constante avant sa disparition.

Ses détracteurs, qui ont parfaitement le droit de s’exprimer, se retranchent derrière le bien-être animal jusqu’à faire voter une loi.

Mais réfléchissent-ils à ce qui se passe dans les abattoirs français et si oui, ne sont-ils pas les complices d’un véritable génocide d’agneaux, de veaux, de poulains, de porcelets, de lapins et de poules qui sont parfois tués dans des conditions plus que discutables ?

Le stress de ces animaux, qui voyagent dans des conditions abominables, devient paroxystique aux abords de l’abattoir car ils sentent arriver la mort.

http://www.dailymotion.com/video/x796qz_les-abattoirs-de-la-honte_news

 

Celles et ceux qui ont eu l’occasion de visiter ces établissements pourront en témoigner.

L’animal domestique sait et sent qu’il va mourir.

L’animal sauvage est, la plupart du temps, foudroyé par la balle d’un chasseur.

Tel est le choix qui s’offre à nous.

Ainsi, sauf à imaginer que nos chers écologistes prennent le pouvoir et imposent à la France de devenir végétarienne, il reste en permanence le choix de la mise à mort nécessaire du gibier, pour préserver nos forêts et nos campagnes.

Heureusement, comme le disait Coluche :

« Pour qu’un écologiste soit élu Président, il faudrait que les arbres votent. »

 

OoOoOoOoOoOoOoO

 

En guise de conclusion : quelques propositions.

Pourquoi ne pas imaginer de partager tous les frais que je viens d’énumérer avec les autres utilisateurs de la nature ?

Après tout, ils sont tout aussi concernés que les chasseurs.

Pourquoi ne pas harmoniser la chasse au sanglier et créer dans les départements, qui en sont dépourvus, des bracelets sanglier qui, même à tarif réduit, permettraient à ceux qui le chassent de contribuer à couvrir le coût des dégâts que provoque ce gibier ?

Enfin, un petit rappel à l’ordre très amical à destination des chasseurs en battues : sangliers, cervidés, mouflons, etc…

Sans le vouloir, j’en suis sûr, ils induisent le sentiment mal vécu, de confiscation du territoire au profit d’un mode de chasse au détriment de la chasse à l’approche et au petit gibier.

L’image donnée aux autres utilisateurs de la nature n’est pas non plus très bonne.

Un peu de discipline que diable, et notre passion quel que soit son mode d’exercice sera comprise et acceptée.

Bien plus, elle sera reconnue par les français, comme un acte de salubrité publique.

A l’attention de nos dirigeants cynégétiques et paraphrasant le philosophe :

« Communiquez, communiquez, il en restera toujours quelque chose ».

Sans oublier une autre des fonctions essentielles de la chasse, celle de maintenir dans nos campagnes un véritable lien social.

Mais ceci est un autre débat.

A vous de juger.

 

 

                                                               Maître Franck MEJEAN

                                                                                    Avocat

 

[1] Recherche d’un équilibre et partage de la nature entre ces différents modes de gestion et d’exploitation, savoir l’agriculture, la sylvicultre, le domaine public et la chasse

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