POUR CHASSER HEUREUX, CHASSONS CACHES ou L’ELOGE DE LA BETISE

 

« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous pensez, mais j’irai jusqu’à la mort pour que vous puissiez le dire » affirmait, au siècle des Lumières, Voltaire.

Malheureusement, au moment où l’électricité anime nos journées et nos nuits, il semble que les lumières se soient éteintes.

Il s’agissait pourtant de l’emblème absolu de la tolérance, largement oubliée de nos jours, surtout au sein d’une certaine mouvance qui se veut écologiste, mais qui, en fait, manifeste un sectarisme purement stalinien.

Les faits :

Je reçois en consultation une jeune femme de 23 ans, passionnée de nature, qui a obtenu, il y a 3 ans, son permis de chasser.

Elle adhère à une association de femmes chasseurs, récemment constituée dans le département des Pyrénées-Orientales.

Durant la période du brame, seul moment où il est possible d’approcher les cerfs, qui le reste du temps sont dissimulés, parfois en groupe, dans la forêt, elle part chasser en pleine montagne, accompagnée d’un de ses amis.

Après une longue attente, et une approche sportive, voire dangereuse, elle réussit à s’approcher d’un animal, qui ne bramait pas, mais dont elle avait repéré qu’il s’agissait d’un beau, vieux et grand cerf.

Cet animal semblait avoir fait son temps et restait tranquillement au fond de la vallée, à brouter.

Cette jeune femme devait m’expliquer que la vanité et la vantardise conduisaient trop de chasseurs à se prendre pour des snipers.

Ils utilisaient, me disait-elle, des petits calibres, très efficaces à condition d’atteindre un point vital de l’animal.

Sinon, ils blessent et provoquent des souffrances bien inutiles.

Malgré sa corpulence, grande et fine, elle devait jeter son dévolu sur une arme familiale, me dit-elle, de fort calibre, une carabine allemande en 8x68s.

Les amateurs comprendront.

Le coup de feu devait claquer et l’animal s’effondra, sans avoir soupçonné l’ombre d’un instant que sa fin était si proche.

Heureuse d’avoir contribué à l’équilibre agro- sylvo-cynégétique, elle accepta que sa photo, prise à côté de son cerf, soit publiée sur le site de l’association de la chasse au féminin.

Qu’elle ne fût pas sa surprise, quelques temps plus tard, de lire, sous sa photo, et sur le réseau Facebook, des commentaires orduriers et diffamatoires que cette photo avait l’air d’avoir suscité de la part de deux prétendus écologistes, Anne P. et Valérie W..

Ces khmers verts, qui se croient tout permis, n’avaient pas hésité à déverser des torrents d’insultes les plus basses, démontrant à l’évidence, d’une part leur méconnaissance de la chasse, mais également et surtout un sentiment de toute puissance.

Sachez donc, Mesdames, qu’il ait des mots qui tuent plus sûrement que des armes à feu.

En vomissant sur la toile des tombereaux d’ordures, vous avez choqué et déstabilisé cette jeune femme dont je n’hésite pas à affirmer qu’elle n’a pas à avoir honte de sa passion pour la nature qu’elle traduit par la chasse.

Après avoir longuement discuté avec elle, nous en avons conclu, malgré la jurisprudence récente du tribunal correctionnel de LYON, que nous ne déposerions pas plainte contre ces individus, sachant néanmoins qu’elles auraient été, à n’en pas douter, poursuivies par le Parquet du Procureur de la République.

En effet, la toile est un vecteur de communication extraordinaire.

C’est également un moyen de blesser.

Les autorités françaises, mais également allemandes, en ont pris conscience et projettent d’alourdir les peines de ceux qui se permettent de dire tout et n’importe quoi en des termes orduriers.

Cependant, à chaque chose malheur est bon.

Dans une précédente chronique, intitulée « Chasse ou impôts : une vérité qui dérange », j’ai eu l’occasion d’expliquer clairement pourquoi la chasse s’inscrivait comme une alternative acceptable à la prolifération du gibier dans nos montagnes.

Je renvoyais à des articles publiés en Suisse, et plus particulièrement à Genève, décrivant le désastre occasionné par l’interdiction de la chasse il y a plus de trente ans.

Mais les avez-vous lus Mesdames ?

Bien sûr que non.

Il n’est de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, et le dialogue ne se résume pas en une bordée d’injures, mais en un échange courtois de sentiments et de positions contradictoires, afin de tenter d’arriver à un consensus.

Chacun est libre de penser comme bon lui semble.

L’injure n’est pas un moyen de communication.

C’est la marque de la couardise, de la lâcheté, en bref du totalitarisme.

Vous avez la partie belle d’éreinter les chasseurs, car vous bénéficiez de deux circonstances favorables.

La première est l’ouverture quasi permanente et complaisante des médias qui vous accueillent sans la moindre retenue ni le moindre contrôle.

Très récemment, dans l’émission Spécial Investigation, la chaîne CANAL + n’a pas hésité à caricaturer la chasse en France et a refusé un droit de réponse qui était demandé par la Fédération Nationale des Chasseurs.

Je dois cependant à la vérité de dire que le troisième opus de ces reportages sur la chasse tourné en Afrique du Sud présentait une vision très objective de ce que la chasse ne devrait jamais être.

La deuxième circonstance est l’incapacité absolue du monde de la chasse à communiquer correctement et à participer à des débats télévisés où les arguments que j’ai développés par écrit, pourraient l’être en public, au vu et au su de milliers de français.

Et si par bonheur les instances dirigeantes de la chasse finissaient par comprendre que, faute de réaction rapide, cette activité est vouée à disparaître à court terme, vous pourrez exprimer vos opinions et le peuple jugera.

Mais en êtes-vous capables, vous qui accaparez et monopolisez l’étiquette écologiste, dont vous n’êtes même pas dignes.

                                                                        Maître Franck MEJEAN

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *