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proposition d’une nouveauté législative

Cela fait déjà quelques années que j’écris à des parlementaires afin de leur soumettre une idée.

Beaucoup de procédures de divorce et de séparation se terminent dans des conditions absolument lamentables et il n’est pas rare qu’un ou plusieurs enfants coupent toute relation avec son père ou sa mère après avoir été influencés pendant la procédure. Continuer la lecture

QUE PENSER DE L’INTERVENTION D’UN PSYCHOLOGUE PRIVE DANS DES PROCEDURES FAMILIALES ?

 

Je ne compte plus les attaques dont j’ai été l’objet depuis que je travaille quasi systématiquement avec un ou une psychologue clinicienne, expert, dans mes dossiers de garde d’enfants.

Il ne s’agit pas pour moi de tenter de forcer la main des juges.

Je reste logique avec moi-même et comme je suis viscéralement hostile depuis 1987 à l’audition des enfants avec ou sans avocat, par un magistrat, il fallait bien trouver un moyen un peu plus efficace que les sempiternelles attestations pour valider la démarche de ceux qui se présentent dans mon bureau pour me demander de solliciter des changements de résidence ou de droit de visite et d’hébergement.

Partant du principe que je défends le droit des enfants à leurs deux parents, que le conflit de loyauté chez eux n’est pas une vision de mon esprit, je dois d’abord être bien convaincu que la demande que l’on me présente est fondée sur des arguments sérieux.

Et je n’exagère pas en vous disant que j’ai frôlé de gros problèmes, il y a quelques années.

Sous l’impulsion d’une Présidente de Chambre de la famille, heureusement à la retraite depuis, s’était tenue dans un tribunal du Sud de la France une Assemblée Générale de magistrats chargés des affaires familiales qui avait abordé ma façon de travailler, allant même jusqu’à suspecter une collusion entre mon Cabinet et le spécialiste que j’utilisais… C’était beaucoup trop d’honneur !

Je m’en étais ouvert au Président de la Chambre de la famille dont je dépendais et qui lui avait bien compris ma démarche mais qui m’avait conseillé d’être prudent.

Depuis, les choses ont évolué et des confrères qui me lapidaient à l’époque ont fini par utiliser le même procédé.

Il reste cependant des réfractaires particulièrement virulents, tel ce confrère, dans une affaire récente qui, sans craindre le ridicule, avançait que le père avait fait examiner l’enfant au mépris de l’exercice conjoint de l’autorité parentale.

Le juge, intelligent, devait répondre : « Il ne s’agit que d’avoir l’avis d’un professionnel chargé de décrire la situation psychologique de l’enfant, telle qu’elle résulte d’une part de ses dires et d’autre part des tests effectués. Il ne sera pas perdu de vue que le psychologue n’a entendu que l’enfant et n’a donc qu’une vue partielle de la situation. 

D’après le rapport du psychologue, l’enfant ne présente aucun trouble de la personnalité ; il écarte toute carence éducative et indique que les figures parentales n’ont pas de caractère anxiogène.

L’enfant exprime au domicile maternel un sentiment de frustration et d’injustice qui engendre des difficultés relationnelles.

Elle se sent insuffisamment prise en compte par la mère.

A contrario, les moments passés chez son père sont particulièrement épanouissants.

Le psychologue conclut que demeurer en l’état dans une telle situation pourrait s’envisager sans risque de décompensation majeure mais que les frustrations exprimées et ce contentieux risquent, avec le temps, de devenir préjudiciables à l’équilibre des sujets, voire à l’équilibre familial… »

Voilà le discours d’un professionnel qui, à l’évidence, sait sonder les âmes et les cœurs et qui ne se contente pas, comme les auditions d’enfants par les magistrats, d’écouter et de retranscrire scrupuleusement ce qu’ils entendent.

Des affaires récentes, particulièrement graves, nous ont donné la mesure du danger qu’il y avait à prendre stricto sensu ce qui était raconté dans le cadre de conflits familiaux.

La présence de ces professionnels est donc, de mon point de vue, excessivement importante.

J’ajouterai que je demande aux deux psychologues qui travaillent avec moi, de contacter l’autre parent, directement, en lui proposant une rencontre afin que le conseil médico-psychologique établi puisse revêtir un caractère contradictoire.

Malheureusement, je me vois assez systématiquement opposer une fin de non-recevoir.

Ce qui est en revanche une réalité, c’est que le législateur devrait réfléchir à l’abandon des dispositions de l’article 388-1 du Code Civil et à ces auditions d’enfants qui les traumatisent et laissent dans leur cœur un sillon indélébile.

Le recours à des professionnels dont c’est le métier et qui ont suivi des formations longues et difficiles devrait devenir la règle.

J’espère que le ministre de la justice m’entendra mais les Pyrénées-Orientales sont loin de Paris et de la place Vendôme.

 

                                                                                                                                                                                                         Maître Franck MEJEAN